BPM Stratégie & Projets
La mécanique

La mécanique : ce qui fait avancer une organisation

Le mot mécanique porte ici deux sens. Le premier est celui de la science du mouvement : comprendre ce qui fait avancer une organisation, ce qui la ralentit et ce qui l'immobilise. Le second est celui d'un assemblage de pièces, comme la mécanique d'une automobile, qui transmet une décision du Conseil d'administration jusqu'au travail des équipes, sans devoir être retraduite à chaque palier.

Ce que vous y gagnez : savoir où agir en premier, dans quel ordre et pourquoi le reste peut attendre.

Le point de départ
La mauvaise première question

Devant une transformation, et plus encore devant l'intelligence artificielle, presque toutes les organisations posent la même question : quel outil pourrait nous aider? C'est la dernière question à poser, pas la première.

Un outil accélère ce qu'on lui confie. Appliqué à un processus clair, il accélère ce qui fonctionne. Appliqué à un processus flou, il produit le même désordre, plus rapidement et en plus coûteux.

GO/PRO
Quatre fondations, puis l'outil

Avant l'outil, quatre fondations décident de presque tout. Je les retiens par un moyen mnémotechnique, GO/PRO.

FondationLa question qu'elle pose
GGouvernanceQui décide, selon quelles règles, avec quel mandat?
OObjectifQuelle valeur vise-t-on et pour qui?
PProcessusComment le travail circule-t-il réellement et où s'accumule-t-il?
RRessourcesQui peut réellement porter le travail, avec quel temps et quelles compétences?
OOutilEn dernier, volontairement. Un besoin défini, ou la popularité du moment?

Le GO donne le cap. Il revient surtout aux dirigeants et il se construit en boucle : on esquisse une direction, on fixe les règles du jeu, puis on précise les objectifs. Le PRO est la mise en œuvre, portée davantage par les gestionnaires et les équipes.

La règle qui change tout
Le maillon le plus faible

Une chaîne cède toujours par son maillon le plus faible. Une organisation aussi. Votre capacité à réussir n'est pas la moyenne de vos cinq fondations, elle est plafonnée par la plus fragile. Une organisation excellente en outils mais faible en gouvernance n'est pas « prête à 70 % ». Elle est exposée.

C'est ce que mesure le diagnostic en ligne. Il ne fait pas de moyenne. Il vous indique la fondation qui vous limite aujourd'hui.

La contrainte
Trouver ce qui limite vraiment le système

Dans toute organisation, un endroit limite la performance de l'ensemble. Ce peut être une étape, une ressource ou, plus souvent qu'on le pense, une décision que personne n'a le mandat de prendre. Améliorer ailleurs ne change rien au résultat. Pire, l'effort dépensé ailleurs donne l'illusion d'avancer.

C'est le principe de la Théorie des Contraintes, formulée par Eliyahu Goldratt dans les années 1980. Elle tient en cinq gestes, répétés en boucle :

  1. Trouver l'endroit qui limite le système.
  2. En tirer le maximum, sans investissement, simplement en l'utilisant mieux.
  3. Régler le reste sur son rythme et cesser d'optimiser ce qui n'est pas le goulot.
  4. Augmenter sa capacité, si c'est encore nécessaire.
  5. Recommencer, parce qu'une autre contrainte prend alors le relais.

Ces cinq gestes paraissent presque trop simples. Plusieurs vont pourtant à contre-courant des réflexes de gestion. Le troisième est le plus contre-intuitif et le plus souvent négligé : toutes les ressources qui ne sont pas la contrainte doivent régler leur rythme sur le sien, même si cela veut dire produire moins vite qu'elles le pourraient. C'est souvent à cette étape qu'un accompagnement fait la différence.

Pour l'exécution au quotidien, deux méthodes appliquent ce principe : TameFlow pour le travail qui circule en continu, la chaîne critique (CCPM) pour les projets uniques. Elles sont le moteur. Ce que j'apporte, c'est la pièce qui manque à la plupart des organisations pour que ce moteur serve la stratégie.

L'image
Le véhicule et son tableau de bord

Une organisation se conduit comme un véhicule.

Un tableau de bord qui ne montre que la vitesse permet de constater. Un tableau de bord qui montre aussi le régime permet de piloter.

Opérations et projets
Là où la séquence est la plus utile

Les opérations fonctionnent à la verticale : la gouvernance, les objectifs et les ressources suivent l'organigramme. Les projets fonctionnent à l'horizontale : ils traversent plusieurs secteurs et leurs cinq fondations sont à bâtir à chaque fois. C'est là que la séquence est la plus utile et là que se perdent le plus souvent le temps, l'argent et l'énergie des équipes.

Sans tout démolir
Elle se greffe à ce que vous faites déjà

Cette mécanique ne remplace pas vos méthodes. Elle nomme ce qu'il ne faut pas oublier, sans imposer comment le faire. Elle suit en cela la logique non prescriptive du Toyota Flow System (Turner, Thurlow et Rivera, 2019). Vous ne démolissez rien : vous comblez ce qui manque.

La première fondation
Une gouvernance équilibrée

Toute décision consomme trois choses à la fois : de l'argent, des personnes et des ressources naturelles. Une gouvernance équilibrée arbitre entre les trois avant de décider, plutôt que d'en rendre compte après. C'est toute la différence entre un rapport annuel et un critère d'approbation des projets.

Par où commencer?

En 5 minutes, le diagnostic vous indique laquelle de vos cinq fondations vous limite aujourd'hui.

Faire le diagnostic (5 minutes) → Parlons de votre organisation